Bla bla·Paris je t'aime

Avenue Montaigne

fauteuildorchestre

Il est un lieu que j’aime particulièrement sur cette avenue…

Vous l’avez deviné, non, je ne parlerai pas des vitrines à tomber de la célèbre Couture-avenue, mais d’un théâtre… Une des grandes salles parisiennes pour la musique classique, certes, mais surtout pour moi un lieu chargé de souvenirs.

J’aime l’ambiance feutrée, presque intime de cette salle à dimensions faussement humaines – elle peut contenir beaucoup plus de spectateurs qu’il n’y paraît -, éclairage doux et doré du hall, bois chaud et velours rouge vaguement passé des fauteuils. L’élégance même.

Le Théâtre des Champs Élysées accueille aussi bien récitals, concerts symphoniques, qu’opéras. L’ambiance semble un peu guindée ; toux et applaudissements intempestifs sont réprouvés aussitôt par des soupirs  ou des chuuuut exaspérés, ce qui finalement est très amusant. Et puis l’obscurité laisse sauves les apparences pour l’offensé… Malgré tout nous autres jeunes y sommes bienvenus, nombreux, et les tarifs de dernière minute s’avèrent beaucoup plus vérifiés qu’à l’Opéra de Paris ou à la Salle Pleyel, où ils restent trop souvent à l’état de promesse (grrrrr).

escaliersJ’y suis souvent arrivée à la dernière minute, voire carrément en retard… Haletante, j’attrape à la volée mon billet à l’accueil et me jette dans les escaliers, à la recherche de l’ouvreuse sans laquelle il est impossible de s’asseoir. Je me souviens d’un Pélleas et Mélisande, cinq minutes de retard, tout le premier acte sur les marches de la salle ; l’inconfort instantanément éclipsé par la féérie de Debussy, chevelure majestueuse et amours contrariés, qui se mariait tellement à l’endroit Belle Époque.

Oui, je crois que c’est cela qui me séduit ; l’impression d’entrer dans un autre temps en pénétrant dans ce théâtre. Avec sa galerie de personnages.

La petite dame âgée du vestiaire se chargera de vos sacs, avec son petit air malicieux-distingué, sans manquer de lancer une petite réflexion pointue et très drôle si l’attirail n’est pas à son goût…

Et les ouvreuses. Dans leur uniforme-jupe noir, elles semblent aussi sorties d’un autre siècle, gouailleuses ce qu’il faut pour mener leur monde,  gardiennes du temple, leur courte clé au bout d’une chaînette. Ah, cette clé. Elle donne accès à la salle, aux petites loges. Sans elle, oubliez votre concert. C’est LE sésame. Et il faut plutôt être sympathique pour entrer, je vous l’assure : on soigne l’ouvreuse pour qu’elle sorte sa clé.

J’ai un rêve. Un jour.

Un jour je lui volerai, sa clé.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s